Frais bancaires abusifs : un client se rebiffe, la banque appelle la police
22 avril, 2010 · Poster un commentaire
“Jeudi dernier, j’ai reçu un appel de mon conseiller au sujet d’un découvert de 2 300 €. Je me suis présenté vendredi pour régulariser le compte, mais malgré cela, je reste interdit bancaire. On me demande encore 220 euros pour lever l’interdit. Je voulais rencontrer le directeur. La seule réponse a été d’appeler la police. C’est scandaleux.” L’histoire est rapportée par Le Midi Libre dans son édition du 22 avril 2010. Le client ne souhaitant pas payer les 220 euros d’”amende”, demandait un geste commercial à sa banque. A la direction régionale de la Société Générale, on fait valoir que l’on a appelé la police parce que celui-ci refusait de quitter les lieux alors que l’établissement allait fermer. Il semblerait que la banque ait également l’intention de fermer le compte du client récalcitrant…. Le Cerf dénonce depuis sa création des frais bancaires abusifs qui ponctionnent le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises les plus modestes, des frais qui n’ont rien à voir avec le coût réel des prestations fournies. Le Cerf réclame ainsi un encadrement des frais bancaires justifié par la multiplication des abus de position dominante exercés par les banques sur leurs clients.
Christine Lagarde lance la chasse aux abus bancaires
17 mars, 2010 · 3 commentaires
Le Cerf se félicite que la ministre de l’Economie s’attaque aux frais bancaires abusifs. La pétition lancée par l’association n’a pas d’autre but que de demander la suppression des frais bancaires sur la gestion du compte et les dates de valeurs sur les chèques qui ponctionnent la trésorerie des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.
Christine Lagarde a commandé un rapport sur les tarifs des banques : l’ancien directeur général de Crédit Agricole SA, Georges Pauget et le président du Comité consultatif du secteur financier, Emmanuel Constans sont chargés d’établir un diagnostic sur les prix des produits et services. « Je veux juste m’assurer qu’il n’y ait pas d’abus » explique Christine Lagarde dans une interview au journal Les Echos. La ministre de l’Economie constate déjà qu’il existe trois types de problèmes soulevés par les consommateurs : les frais en cascade facturés en cas de découvert ; les services autrefois gratuits devenus payants et les « packages », ces forfaits mensuels payés pour un ensemble de services dont le client ne sert pas. Christine Lagarde se dit prête à s’attaquer à ces packs : « Cela fait clairement partie des zones sombres sur lesquelles nous voulons faire la lumière. »
La ministre de l’Economie annonce d’ores et déjà qu’elle souhaite supprimer les pénalités libératoires qui conditionnent aujourd’hui la levée de l’interdiction bancaire : « C’est un casse-tête pour les TPE et PME, qui n’ont pas la possibilité de rééchelonner leur dette. Je prévois donc de supprimer ces pénalités, qui sont vraiment un obstacle pour les petites entreprises. ». La ministre proposera cette mesure lors de l’examen du projet de loi sur la réforme du crédit à la consommation fin mars. Christine Lagarde rappelle que l’exécutif a déjà imposé la gratuité de la fermeture du compte, un plafonnement des incidents de paiement et la mise en place d’un relevé annuel des frais bancaires qui permet à tout client de savoir combien lui coûte sa banque. Il n’en demeure pas moins que la route est encore longue pour les banques françaises deviennent des modèles : en septembre dernier, la Commission européenne sur les services financiers avait épinglé la France pour le coût élevé et l’opacité de ses tarifs bancaires.
Les conclusions du rapport de Georges Pauget et Emmanuel Constans devraient être remises à la ministre de l’Economie au mois de juin. Elles devraient comporter une série de recommandations. Le Cerf espère une modification rapide du paysage bancaire et réclament notamment dans sa pétition que l’on remette de la concurrence entre les banques car seule une mesure aussi radicale permettrait de faire baisser mécaniquement les tarifs…
