Un ancien de l’Elysée à la tête des banques
16 juillet, 2010 · Poster un commentaire
Le président du directoire de la BPCE a été nommé à la tête de la Fédération bancaire française (FBF) et prendra ses fonctions le 1er septembre prochain pour un an. François Pérol était auparavant secrétaire général adjoint de l’Elysée au moment du déclenchement de la crise financière et du plan de soutien au financement des PME. Il n’ignore donc pas les implications économiques de cette crise, en particulier sur les petites entreprises.
Le Cerf attend donc beaucoup de sa nomination à la tête de la FBF : les Créateurs espèrent en particulier que François Pérol va convaincre ses homologues de revenir à leur métier traditionnel : le financement de l’économie. Jusqu’ici, la Fédération bancaire française a surtout fait du lobbying auprès de l’exécutif pour obtenir un plan de sauvetage des banques sans réelles contraintes en échange : les banques n’ont même pas tenu en 2009 leurs engagements d’augmentation des encours de crédit.
Dans sa pétition pour un droit au crédit opposable et contre les frais bancaires abusifs, le Cerf souhaite aussi que la BPCE soit une banque modèle pour le financement TPE-PME et contraigne ainsi ses concurrentes à s’aligner sur sa politique pour ne pas perdre de clients. Concrètement, la BPCE pourrait développer le crédit court terme au taux du marché ; supprimer les frais bancaires sur la gestion du compte et les dates de valeurs sur les chèques qui ponctionnent la trésorerie des entreprises.
Bref, François Pérol doit profiter de la présidence à la FBF pour agir en homme d’Etat plutôt que pour défendre les intérêts à court terme des banques, c’est toute l’économie française qui aurait à y gagner.
CIP : un marché juteux de 3 milliards d’euros pour les banques
21 juin, 2010 · Poster un commentaire
Les Commissions Interbancaires de Paiement (CIP) payées par les commerçants à chaque
règlement par Carte bancaire, sont censées couvrir les risques de fraude et d’insolvabilité, et
garantir ainsi aux commerçants d’être toujours payés. Elles financent également le système
informatique de règlement par carte bancaire. En pratique, il apparaît que le pourcentage varie en
fonction de la taille de l’entreprise et le secteur d’activité : de 0,4% du montant de la transaction
pour la grande distribution à 1,8% pour des commerces de proximité et jusqu’à 3% pour les taxis.
Or le risque à gérer est bien plus grand pour la grande distribution que pour un petit commerce en
raison même du nombre de transactions… Il y a manifestement un cas de concurrence déloyale
entre les « petits » et les « gros » qui ont pu négocier des taux plus faibles qu’ils n’auront pas de
difficulté à répercuter dans le prix de vente. Plus largement, le Cerf dénonce les méthodes des
banques qui ont fait adopter aux consommateurs, ce moyen de paiement en fournissant
gratuitement la Carte bancaire au début pour désormais la faire payer. Les commerçants ont dû
alors louer des terminaux électroniques, le coût des communications téléphoniques nécessaires
pour procéder aux vérifications et éviter la fraude ainsi que l’entretien restant à leur charge. Les
seuls vrais gagnants restent les banques qui sont rémunérées à chaque transaction.
D’ailleurs, le député Richard Maillé dénonce des CIP trop élevées et opaques. Dans une
proposition de loi, le parlementaire propose de diminuer les frais facturés sur les paiements
effectués par Carte bancaire : il demande que les CIP soient désormais calculées en fonction des
risques de fraude constatés par la Banque de France. Le député estime que la facture payée par
les commerçants passerait ainsi de 3 à 1 milliard d’euros par an. Des chiffres contestés par le
Groupement des Cartes bancaires qui a pour membres, les banques françaises bénéficiaires de
ces commissions… Cosignée par une cinquantaine de parlementaires dont le président de la
Commission des affaires économiques Patrick Ollier, cette proposition de loi permettrait de
redonner du pouvoir d’achat à des commerçants touchés de plein fouet par la crise et qui voient
leurs marges rognées. Or le gouvernement ne semble pas sensible aux arguments du député
Maillé : le parlementaire a profité de l’examen du projet de loi sur la régulation bancaire et
financière, pour déposer un amendement visant à encadrer ces commissions : Richard Maillé
proposait “d’instaurer un système de rémunération bancaire basé sur une commission fixe par
transaction correspondant aux services rendus par les banques”. Christine Lagarde s’y est
opposée, du coup, les députés de la majorité ont voté contre, portant ainsi un très mauvais coup
aux commerçants et aux consommateurs.
A moins d’une intervention du lobby des banques, le Cerf espère que ce retrait est seulement
différé par le rapport sur les frais bancaires qui doit être remis ce mois-ci à Christine Lagarde. Dès
sa création en 2003, le Cerf dénonçait des frais bancaires abusifs. Notre pétition lancée en
février a conduit le député Nicolas Dupont-Aignan à déposer un amendement sur les commissions
et frais abusifs pratiqués par les banques. Le gouvernement ne pourra afficher sa volonté de lever
les freins à la croissance et en même temps, protéger ceux qui ponctionnent l’économie réelle et
le pouvoir d’achat sans créer de richesses.
Une victoire sur les frais bancaires abusifs
8 juin, 2010 · Poster un commentaire
BNP Paribas a décidé de supprimer une commission dénoncée par l’enquête d’UFC Que Choisir publiée la semaine dernière. Il s’agit des frais appliqués en cas de “contestation non fondée sur opération carte” : un client qui contestait à tort un prélèvement et avait demandé à sa banque de lancer des recherches sur cette opération, était jusqu’ici facturé 40,10 euros. Selon un porte-parole de la banque, cette commission n’a été “facturée que de manière tout à fait marginale”. Il s’agit cependant d’une première victoire obtenue par l’association de défense des consommateurs. Seulement, c’est l’ensemble des tarifs qui doit être revu et en particulier tous les frais prélevés sur la tenue et la gestion des comptes courants, et qui autrefois ne coûtaient rien au client. C’est pourquoi, le Cerf propose la suppression pure et simple de ces frais, et a lancé une pétition qui a déjà recueilli à cette heure 5099 signatures en ligne et 893 par fax et courrier. Il en faudrait encore bien davantage pour obtenir des résultats concrets pour les ménages et les entreprises. Alors, faites passer le mot et créez le buzz autour de cette pétition en envoyant le lien de la pétition à votre carnet d’adresses…
Bientôt des mesures contre les frais bancaires abusifs ?
3 juin, 2010 · Poster un commentaire
Interrogée sur les frais bancaires abusifs au lendemain de l’étude accablante d’ UFC Que Choisir, la ministre de l’Economie Christine Lagarde a promis que le gouvernement interviendrait en cas d’”excès” ou d’”abus” sur les tarifs pratiqué par les banques. Christine Lagarde a d’ailleurs commandé un rapport sur ce sujet à l’ancien directeur général de Crédit Agricole SA, Georges Pauget et au président du Comité consultatif du secteur financier, Emmanuel Constans : ”Si à l’issue du rapport qui va être remis à la fin du mois de juin, je constate qu’il y a soit des excès, soit des abus, eh bien le gouvernement interviendra”, a promis la ministre sur France-Info (…) Je ne voudrais pas qu’à l’occasion de la crise, les banques en profitent soit pour facturer les services dont les clients n’ont pas besoin, soit pour facturer des services qui précédemment étaient gratuits, soit pour abuser dans certains cas”, a poursuivi Mme Lagarde, citant les forfaits ou “packages”, ainsi que “les cascades de frais en cas de dépassement de découvert”. Enfin, Christine Lagarde a rappelé que le gouvernement avait déjà plafonné les frais pour incidents de paiement en mai 2008. Autant dire que le Cerf qui se bat depuis sa création contre les frais bancaires abusifs, attend avec impatience les conclusions de ce rapport commandé par la ministre de l’Economie et les mesures qui seront prises.
Frais bancaires : un marché de plus de 15 milliards d’euros
1 juin, 2010 · 5 commentaires
3 euros par-ci, 8 euros par-là… Au final, les frais bancaires payés par les clients atteindraient plus de 15 milliards d’euros par an et 40% des revenus de la banque de détail selon l’étude d’UFC Que Choisir. L’association de consommateurs dénonce des tarifs qui n’ont cessé de s’alourdir entre 2004 et 2009 sans compter les services autrefois gratuits devenus payants : les commissions clients ont augmenté 1,7 fois plus vite que le PIB depuis 2001. L’UFC Que choisir constate en particulier que l’augmentation tarifaire s’est concentrée sur les incidents de paiement donc sur les clients les plus fragiles économiquement. L’association de défense des consommateurs dénonce également des brochures opaques : elles comptent en moyenne 24 pages et contiennent 303 tarifs : “le consommateur qui souhaiterait faire un comparatif entre ces 12 banques aurait à manier 290 pages, et 3638 lignes tarifaires : l’exhaustivité des tarifs est ici totalement décourageante” déplore l’association, “comparer les tarifs relève du parcours du combattant”. Il faut ajouter à cela, des libellés des opérations obscurs… Enfin, l’UFC Que Choisir dénonce les packages censés être avantageux pour les consommateurs : en réalité, le surcoût moyen atteint près de 26% pour le client si celui-ci n’avait réglé que les services qu’il utilise au tarif hors package.
L’étude d’UFC Que Choisir a été décidée après que la ministre de l’Economie a annoncé avoir commandé un rapport sur les frais bancaires qui doit être remis ce mois-ci. Ainsi, l’association de défense des consommateurs fait sept propositions :
- pour rendre les tarifs plus lisibles : instauration d’une information préalable du consommateur avant le prélèvement des frais bancaires sur son compte ; mise en place d’une dénomination commune obligatoire des différents frais et services bancaires ; obligation pour chaque brochure tarifaire de comporter une première page introductive résumant les tarifs pratiqués ; harmonisation des tarifs affichés dans les brochures en tarifs annuels et par opération.
- pour moraliser les pratiques tarifaires : consécration dans la loi de la jurisprudence de la Cour de Cassation sur le calcul du TEG du découvert non autorisé ; limitation du nombre et du montant des pénalités financières.
- pour que la baisse des coûts profite au consommateur : création d’un observatoire des tarifs bancaires sur les opérations les plus courantes.
Le Cerf à l’initiative de la pétition contre les frais bancaires abusifs espère que Christine Lagarde tiendra compte des résultats de l’enquête d’UFC Que Choisir pour reprendre nos demandes de suppression des frais bancaires sur la gestion du compte et des dates de valeurs sur les chèques qui ponctionnent la trésorerie des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.
Les consommateurs ont leur comparateur de frais bancaires
28 mai, 2010 · Poster un commentaire
Choisir ma banque est un comparateur de tarifs de 110 banques détail et 560 “packs”. Créé par un des fondateurs d’Assurland, l’équivalent pour l’assurance, ce site web est un service gratuit destiné à vous faire faire des économies : aujourd’hui, la tenue de compte coûte facilement plus de 100 euros par an alors que le même service était autrefois gratuit. Il suffit de consulter le relevé annuel des frais bancaires envoyé en début d’année par sa banque pour s’en rendre compte. Autre souci, il est difficicle de comparer les offres et les tarifs des banques car elles recouvrent des terminologies et des services différents. Choisir ma banque est donc un comparateur bienvenu dans l’univers obscur de la tarification bancaire. Son utilisation est simple : il suffit à l’internaute d’entrer des informations sur son profil puis le site affiche les banques (en ligne et de réseaux) les moins chères. Enfin, le site peut vous fournir des lettres types pré-remplies pour vos échanges écrits avec votre banques par exemple pour la contestation de frais bancaires ou la levée d’un interdit bancaire. Testez le service et dites-nous dans vos commentaires si vous trouvez ce comparatif concluant.
Halte aux banques qui se servent sur le compte des clients
28 avril, 2010 · 2 commentaires
Le Cerf salue la naissance du Collectif pour l’abrogation des privilèges bancaires. Dans sa pétition, ce collectif demande que « cessent les prélèvements illégaux des banques sur les comptes ». Le texte explique que « L’argent déposé sur un compte est la propriété de son titulaire », le collectif demande ainsi le respect de l’article 544 du code civil qui définit le droit à la propriété : la banque n’a pas le droit de prélever directement des frais sur un compte courant sans l’accord du client car elle retire de fait au titulaire du compte son droit de contrôler, vérifier et éventuellement contester la « facture » réclamée par la banque qui s’accorde là un privilège qui n’a pas d’équivalent dans aucun autre secteur d’activité.
Le collectif est présidé par Gérard Faure-Kapper qui connaît bien le système puisqu’il fait toute sa carrière dans la banque. Dans une interview, il évoque le cas des ménages les plus faibles et notamment le cas des personnes surendettées : « … c’est sur les difficultés des gens que les banques vont vraiment s’enrichir, en achevant leur victime, en les ponctionnant jusqu’à leurs limites extrêmes. Frais d’intervention, frais de relance, frais d’impayés, frais de recommandés, frais de… peu importe, frais tout court. » Gérard Faure-Kapper pense qu’un fichier positif qui recense l’ensemble des crédits des particuliers permettrait d’éviter ces situations dramatiques mais hélas, les banques refusent sa mise en place : « Cette solution simple et évidente pour n’importe quel professionnel ne fait pas l’affaire des banques, c’est pour cela qu’elles la refusent. Effectivement, il est plus rentable de prélever 20 % d’intérêts et des frais énormes que se contenter de 7 ou 8 %. » Sur ce dossier, la loi sur le crédit à la consommation qui vient d’être votée à l’Assemblée nationale, ne tranche pas : il a été décidé de créer un « comité de préfiguration » qui disposera d’un délai de douze mois pour définir les modalités de la mise en place de ce répertoire des crédits en France. Encore le résultat d’un lobbying efficace du secteur bancaire ?
Défaillances d’entreprises : l’économie au risque des TPE
23 avril, 2010 · Poster un commentaire
“Après douze trimestres consécutifs de hausse des défaillances, les premiers signes d’une détente
étaient perceptibles fin 2009 (…) La baisse s’est poursuivie au début de 2010, confirmant un regain
d’activité des entreprises et la reconquête des affaires”, explique Thierry Million, responsable des
analyses chez Altares. La société spécialisée dans l’information sur les entreprises indique que les
défaillances d’entreprises ont baissé de 0,5% sur un an mais elles ont encore progressé de 1% pour les
TPE. Ainsi, si les grosses PME connaissent une amélioration de leur situation malgré un niveau de
défaillances élevé, il n’en va pas de même pour les entreprises de moins de 20 salariés : pour ces TPE,
“Le cash est, et restera, le nerf de la guerre”, explique Thierry Million qui confirme ainsi les nombreuses
et incessantes alertes lancées par le Cerf depuis le début 2008 sur la trésorerie.
Cependant, le Cerf ne partage pas l’optimisme de l’analyste. En effet, l’espoir de sortie de crise doit
être fortement tempéré par la fragilité persistante des TPE qui représentent 96% des entreprises en
France : ceux qui les tiennent pour quantité négligeable, semblent oublier que ce sont ces entreprises
qui structurent notre économie et qui sont à l’origine des créations d’emplois. Ils ne doivent surtout pas
occulter que la crise économique est partie des TPE pour se diffuser à l’ensemble de l’économie à partir
du premier trimestre 2008, période au cours de laquelle les banques touchées par la crise financière,
ont commencé discrètement à couper le robinet à liquidités des TPE. Après la crise du début des
années 90, il a fallu près de dix ans pour revenir à un volume de défaillances d’avant la crise, dans un
contexte de croissance exceptionnelle… Le gouvernement doit donc comprendre que la reprise ne
pourra avoir lieu si les TPE qui sont soit les clients, soit les fournisseurs des grosses PME et des grands
groupes, restent asphyxiées par un manque de liquidités. Le gouvernement ne peut, dès lors,
s’attendre à une amélioration rapide sur le front du chômage, ni sur celui des déficits publics…
Enrayer les défaillances de petites entreprises doit donc être la priorité du gouvernement. Pour y
parvenir, le Cerf préconise quatre axes de sortie de crise :
- Financer l’activité des TPE
Cela passe par une augmentation de l’offre de crédit court terme pour couvrir les besoins de trésorerie.
Or les banques continuent de ne pas jouer le jeu, c’est pourquoi le Cerf réclame dans sa pétition*, un
droit au crédit opposable ;
- Lutter contre les frais bancaires abusifs
La marge des TPE est mangée par des frais qui peuvent atteindre jusqu’à 5% du chiffre d’affaires de
l’entreprises. Le Cerf réclame, dans sa pétition, la suppression des frais bancaires ainsi que la
suppression des dates de valeurs sur les chèques qui ponctionnent le pouvoir d’achat des TPE ;
- Baisser le coût du travail
Le poids des charges sociales est un obstacle à l’embauche et donc à la reprise de l’activité alors que
les besoins de personnel dans les TPE sont gigantesques. Le Cerf propose que pour toute embauche
d’une personne en CDI en 2010, le salaire vienne en diminution des charges sociales à payer.
- Poursuivre, renforcer et élargir les missions de la Médiation du crédit.
Avec la fin des effets du plan de relance de décembre 2008, le gouvernement doit très vite décider d’un
plan de sauvetage des TPE.
La Banque Postale va s’attaquer au marché des PME
22 mars, 2010 · 1 commentaire
Le président de la République l’avait annoncé : la Banque Postale va développer l’activité de crédit aux entreprises. Le président du directoire, Patrick Werner confirme qu’il va mobiliser les fonds du Livret A et du Livret Développement Durable sous forme de prêt aux PME. Le plan de relance prévoit en effet depuis octobre 2008, qu’une partie des fonds de l’épargne reglementée doit servir à soutenir le crédit aux petites entreprises. Jusqu’ici, la Banque Postale ne pouvait prêter aux PME et avait donc été contrainte de centraliser 6 milliards d’euros à la Caisse des Dépôts qui vont désormais pouvoir être débloqués. Côté frais bancaires, Patrick Werner explique que la Banque Postale fait partie des bons élèves et en particulier que les frais liés aux incidents de fonctionnement du compte sont limités. Cette annonce conforte l’idée du Cerf de voir émerger un nouvel acteur bancaire qui va remettre de la concurrence dans l’accès au crédit et les tarifs bancaires. Les deux associations à l’origine de la pétition pour un droit au crédit opposable et contre les frais bancaires abusifs, demandent toujours que l’Etat profite de son aide à BPCE pour faire de cet établissement une banque modèle au service des entreprises et des ménages. Si la Banque Postale et BPCE pouvaient combiner leurs efforts, les autres banques seraient contraintes d’aligner leur politiques et leurs tarifs.
Christine Lagarde lance la chasse aux abus bancaires
17 mars, 2010 · 3 commentaires
Le Cerf se félicite que la ministre de l’Economie s’attaque aux frais bancaires abusifs. La pétition lancée par l’association n’a pas d’autre but que de demander la suppression des frais bancaires sur la gestion du compte et les dates de valeurs sur les chèques qui ponctionnent la trésorerie des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.
Christine Lagarde a commandé un rapport sur les tarifs des banques : l’ancien directeur général de Crédit Agricole SA, Georges Pauget et le président du Comité consultatif du secteur financier, Emmanuel Constans sont chargés d’établir un diagnostic sur les prix des produits et services. « Je veux juste m’assurer qu’il n’y ait pas d’abus » explique Christine Lagarde dans une interview au journal Les Echos. La ministre de l’Economie constate déjà qu’il existe trois types de problèmes soulevés par les consommateurs : les frais en cascade facturés en cas de découvert ; les services autrefois gratuits devenus payants et les « packages », ces forfaits mensuels payés pour un ensemble de services dont le client ne sert pas. Christine Lagarde se dit prête à s’attaquer à ces packs : « Cela fait clairement partie des zones sombres sur lesquelles nous voulons faire la lumière. »
La ministre de l’Economie annonce d’ores et déjà qu’elle souhaite supprimer les pénalités libératoires qui conditionnent aujourd’hui la levée de l’interdiction bancaire : « C’est un casse-tête pour les TPE et PME, qui n’ont pas la possibilité de rééchelonner leur dette. Je prévois donc de supprimer ces pénalités, qui sont vraiment un obstacle pour les petites entreprises. ». La ministre proposera cette mesure lors de l’examen du projet de loi sur la réforme du crédit à la consommation fin mars. Christine Lagarde rappelle que l’exécutif a déjà imposé la gratuité de la fermeture du compte, un plafonnement des incidents de paiement et la mise en place d’un relevé annuel des frais bancaires qui permet à tout client de savoir combien lui coûte sa banque. Il n’en demeure pas moins que la route est encore longue pour les banques françaises deviennent des modèles : en septembre dernier, la Commission européenne sur les services financiers avait épinglé la France pour le coût élevé et l’opacité de ses tarifs bancaires.
Les conclusions du rapport de Georges Pauget et Emmanuel Constans devraient être remises à la ministre de l’Economie au mois de juin. Elles devraient comporter une série de recommandations. Le Cerf espère une modification rapide du paysage bancaire et réclament notamment dans sa pétition que l’on remette de la concurrence entre les banques car seule une mesure aussi radicale permettrait de faire baisser mécaniquement les tarifs…
