Quand la crise financière inspire le cinéma
18 août, 2010 · Poster un commentaire
Plusieurs films de fiction et documentaires racontent la crise financière qui a démarré aux Etats-Unis à l’été 2007 avant de se propager au reste du monde. Sur le écrans le 18 août, “Cleveland contre Wall Street”, un docu-fiction de Jean-Stéphane Bron inspiré d’un fait divers réel : au début de l’année 2008, la ville de Cleveland (Ohio) porte plainte contre vingt-et-une banques impliquées dans la crise des “subprimes”. La municipalité les accuse d’être responsables des saisies immobilières qui dévastent alors la ville, et en particulier le quartier pauvre de Slavic Village. Sans surprise, la plainte n’aboutira pas : les lobbys bancaires ont réussi à empêcher l’ouverture d’une procédure ! Le cinéaste Jean-Stéphane Bron a décidé de mettre en scène le procès fictif dans des conditions réelles avec les acteurs de cette crise immobilière qui allait conduire à la crise financière et économique actuelle. Sortiront également dans les prochaines semaines, les films “Krach” de Fabrice Genestal (1er septembre) autour d’un trader new-yorkais ; “Wall Street : l’argent ne dort jamais” d’Oliver Stone (29 septembre) - le réalisateur américain s’était déjà attaqué à la première place financière du monde dans “Wall Street” sorti en 1987 ; “Inside Job” de Charles Ferguson (novembre), un documentaire pédagogique pour comprendre les causes de la crise avec notamment les Français Dominique Strauss-Kahn et Christine Lagarde…
Défaillances d’entreprises : des banques responsables et coupables
7 juillet, 2010 · Poster un commentaire
Le niveau des défaillances reste encore très important et bien supérieur à celui d’avant-crise”, constate Thierry Millon, responsable des analyses chez Altares. En six mois, plus de 30 000 entreprises sont passées devant les tribunaux. Si Altares table sur une stabilisation des défaillances en 2010, à plus de 64 000 entreprises en redressement judiciaire, Euler Hermes, de son côté, anticipe encore une hausse de 2% par rapport à 2009. “L’augmentation des défaillances est certes moins forte, mais elle reste une réalité. La lutte contre les défaillances doit faire partie des priorités du gouvernement”, insiste Hervé Lambel, porte-parole du Cerf, “en effet, à chaque TPE qui ferme, c’est en moyenne quatre emplois qui sont sacrifiés. C’est donc de l’activité irrémédiablement détruite, qui manque pour soutenir la relance. Et ce sont des recettes sociales et fiscales futures qui disparaissent à jamais. ”
La chef économiste d’Euler Hermes, Karine Berger, considère que la situation des entreprises demeure fragile, notamment parce que “les banques ne distribuent pas assez de crédit. Les entreprises ne profitent donc pas du bas niveau des taux d’intérêt”. L’économiste confirme ainsi une fois de plus notre diagnostic. Or, le Cerf n’a eu de cesse d’alerter l’exécutif et le législateur sur les effets du resserrement du crédit et les pratiques bancaires sur l’économie : sans liquidités, pas de consommation des entreprises. Les carnets de commandes restent donc vides. De la “rilance” chère à Christine Lagarde, les TPE-PME risquent de ne voir que la rigueur qui mine la demande, sans la relance. Pour Karine berger, les plans de réduction de déficits mis en place dans les grands pays de l’UE expliquent en partie pourquoi “seule la zone euro devra faire face à plus de faillites cette année.”
Le Cerf fait donc également campagne contre les frais bancaires abusifs, système qui génère un effet d’amplification de la crise : tant que les besoins de trésorerie ne sont pas couverts, les frais bancaires s’accumulent et grèvent les marges des entreprises, réduisant d’autant leur pouvoir d’achat. Notre pétition contre les abus bancaires a recueilli plus de 6000 signatures, confirmant la nécessité d’agir sur ce terrain. Le Cerf attend maintenant les conclusions du rapport sur les frais bancaires de Georges Pauget et Emmanuel Constans qui sera remis à Christine Lagarde le 8 juillet prochain. Les auteurs ne sauraient se contenter de traiter uniquement des frais bancaires facturés aux consommateurs… Le Cerf attend surtout les mesures qui devront être prises rapidement par le Ministre de l’Economie comme l’instauration d’un droit au crédit opposable proposé par le Cerf et un encadrement des Commissions interbancaires de paiement facturées aux commerçants réclamé par le député Richard Maillé. Le Cerf, malheureusement peu suivi par les autres organisations patronales, répète encore et toujours que la baisse drastique des défaillances et la relance passeront par un retour des banques à leur métier originel : le financement de l’économie réelle.
Assurance vie : vers un plafonnement des taux garantis
7 juillet, 2010 · Poster un commentaire
3,75% et rien de plus. L’arrêté devrait être publié dans ces prochains jours et entrer en vigueur le 1er août prochain : les taux garantis, c’est-à-dire les taux d’intérêts proposés par les assureurs sur une période donnée pour les versements effectués sur les contrats d’assurance vie, seraient limités à 3,75%. Une mauvaise nouvelle pour ceux qui comptaient profiter d’offres plus intéressantes proposées par ING Direct (4,00%), Generali (4,10%) et Monabanq (4,10%). Christine Lagarde fait valoir que le but de cet arrêté est de protéger les épargnants et d’éviter les dérives susceptibles de fragiliser la solidité financière des assureurs. En effet, il s’agit de “renforcer l’équité entre assurés”, en introduisant une règle selon laquelle la collectivité des assurés ne finance pas les taux garantis à certains assurés : en effet, pour offrir des taux garantis élevés sur une période donnée et attirer de nouveaux clients, des assureurs diminuent parfois les taux des autres contrats déjà souscrits par des épargnants. S’agissant des dérives, Christine Lagarde souhaite mettre fin aux “promesses déraisonnables” faites par les compagnies aux assurés qui conduisent des compagnies à puiser dans une réserve dite de participation aux bénéfices pour gonfler artificiellement les taux, parfois au risque de fragiliser leur situation financière. Le plafond du taux garanti serait désormais déterminé à partir du taux moyen des emprunts d’Etat. Cet arrêté devrait permettre d’”homogéniser les pratiques” selon un assureur. Au risque de détruire la concurrence ?
Bientôt des mesures contre les frais bancaires abusifs ?
3 juin, 2010 · Poster un commentaire
Interrogée sur les frais bancaires abusifs au lendemain de l’étude accablante d’ UFC Que Choisir, la ministre de l’Economie Christine Lagarde a promis que le gouvernement interviendrait en cas d’”excès” ou d’”abus” sur les tarifs pratiqué par les banques. Christine Lagarde a d’ailleurs commandé un rapport sur ce sujet à l’ancien directeur général de Crédit Agricole SA, Georges Pauget et au président du Comité consultatif du secteur financier, Emmanuel Constans : ”Si à l’issue du rapport qui va être remis à la fin du mois de juin, je constate qu’il y a soit des excès, soit des abus, eh bien le gouvernement interviendra”, a promis la ministre sur France-Info (…) Je ne voudrais pas qu’à l’occasion de la crise, les banques en profitent soit pour facturer les services dont les clients n’ont pas besoin, soit pour facturer des services qui précédemment étaient gratuits, soit pour abuser dans certains cas”, a poursuivi Mme Lagarde, citant les forfaits ou “packages”, ainsi que “les cascades de frais en cas de dépassement de découvert”. Enfin, Christine Lagarde a rappelé que le gouvernement avait déjà plafonné les frais pour incidents de paiement en mai 2008. Autant dire que le Cerf qui se bat depuis sa création contre les frais bancaires abusifs, attend avec impatience les conclusions de ce rapport commandé par la ministre de l’Economie et les mesures qui seront prises.
Nouvelle retombée de la pétition sur les frais bancaires
23 mars, 2010 · Poster un commentaire
A force d’en parler, le gouvernement a fini par se saisir du dossier des abus bancaires. Le Cerf a largement contribué à cette prise de conscience d’abord par des communications en direction de l’exécutif puis par une pétition et un site web – www.petition-contre-les-abus-bancaires.org. Les Créateurs se félicitent donc que la ministre de l’Economie ait commandé un rapport sur les prix des produits et services bancaires. Christine Lagarde constate que les consommateurs ont trois types de réclamations : les frais en cascade facturés en cas de découvert qui finissent par dépasser le taux d’usure ; les services autrefois gratuits devenus payants et les « packs », ces forfaits mensuels payés pour un ensemble de services dont le client n’a pas l’utilité. Dans sa pétition, le Cerf demande, notamment, la gratuité sur la gestion du compte et la suppression des dates de valeurs sur les chèques. Depuis sa création en 2003, le Cerf ne cesse de dénoncer des pratiques qui consistent à prélever, sur les comptes courants, des frais abusifs qui grèvent le pouvoir d’achat des ménages comme celui des entreprises, un concept développé par le Cerf et repris par le président de l’Observatoire des délais de paiement, Jean-Paul Betbèze dans un article en 2007.
Le Cerf reste cependant prudent sur les conclusions à venir de ce rapport et les recommandations qui seront préconisées car la ministre de l’Economie a confié ce diagnostic à l’ancien président de la Fédération bancaire française (FBF) et ancien directeur général de Crédit Agricole SA, Georges Pauget. Certes, celui-ci travaillera avec le président du Comité consultatif du secteur financier, Emmanuel Constans mais il n’en demeure pas moins que l’ex-homme fort du secteur n’est pas la personne la mieux placée pour juger des abus en matière de facturation des produits et services puisqu’il était encore récemment à la tête d’un système qu’il n’a jamais remis en cause et qu’il a même encouragé et protégé pendant la crise.
En 2008, Georges Pauget affirme d’abord qu’il n’y a pas de resserrement du crédit, il sera démenti par la Banque de France qui constate en particulier un fort recul des crédits de trésorerie. Alors que le gouvernement confie aux banques 17 milliards d’Euros pour prêter aux PME à l’automne 2008, Georges Pauget tente de vendre l’affacturage comme une solution de financement : seulement 5% des entreprises peuvent y avoir recours, sans même parler du rétrécissement de la marge qu’elles ont alors à subir… Lors de son audition devant la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée en janvier 2009, Georges Pauget reconnaît tout juste « quelque défauts de fabrication » et déclare devant les députés : « Le système bancaire français est efficient ». Or la Médiation du crédit traite près de 1000 nouveaux dossiers par mois, au total plus de 22 000 entreprises à ce jour ont initialement essuyé un refus de vente. Enfin, en février 2010, son successeur à la FBF, Baudouin Prot reste sur la ligne Pauget : les banques françaises, pressées d’agir par le gouvernement, promettent d’injecter 38 milliards d’euros supplémentaires pour financer des crédits d’investissement alors que les besoins des TPE-PME portent principalement sur la trésorerie, les banques préfèrent gérer les découverts qui génèrent des frais bancaires lucratifs et qui pénalisent l’activité des entreprises.
Reste à savoir si Georges Pauget va continuer à défendre le secteur bancaire ou s’il va désormais travailler dans l’intérêt des entreprises. Le Cerf attend donc avec impatience les conclusions de ce rapport qui devrait être remis à Christine Lagarde au mois de juin. D’ici là, le Cerf continue de plaider dans sa pétition pour une modification en profondeur des pratiques bancaires et réclame notamment que l’on remette de la concurrence entre les banques car seule une émulation entre les différents établissements permettrait de faire baisser mécaniquement les tarifs…
Christine Lagarde lance la chasse aux abus bancaires
17 mars, 2010 · 3 commentaires
Le Cerf se félicite que la ministre de l’Economie s’attaque aux frais bancaires abusifs. La pétition lancée par l’association n’a pas d’autre but que de demander la suppression des frais bancaires sur la gestion du compte et les dates de valeurs sur les chèques qui ponctionnent la trésorerie des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.
Christine Lagarde a commandé un rapport sur les tarifs des banques : l’ancien directeur général de Crédit Agricole SA, Georges Pauget et le président du Comité consultatif du secteur financier, Emmanuel Constans sont chargés d’établir un diagnostic sur les prix des produits et services. « Je veux juste m’assurer qu’il n’y ait pas d’abus » explique Christine Lagarde dans une interview au journal Les Echos. La ministre de l’Economie constate déjà qu’il existe trois types de problèmes soulevés par les consommateurs : les frais en cascade facturés en cas de découvert ; les services autrefois gratuits devenus payants et les « packages », ces forfaits mensuels payés pour un ensemble de services dont le client ne sert pas. Christine Lagarde se dit prête à s’attaquer à ces packs : « Cela fait clairement partie des zones sombres sur lesquelles nous voulons faire la lumière. »
La ministre de l’Economie annonce d’ores et déjà qu’elle souhaite supprimer les pénalités libératoires qui conditionnent aujourd’hui la levée de l’interdiction bancaire : « C’est un casse-tête pour les TPE et PME, qui n’ont pas la possibilité de rééchelonner leur dette. Je prévois donc de supprimer ces pénalités, qui sont vraiment un obstacle pour les petites entreprises. ». La ministre proposera cette mesure lors de l’examen du projet de loi sur la réforme du crédit à la consommation fin mars. Christine Lagarde rappelle que l’exécutif a déjà imposé la gratuité de la fermeture du compte, un plafonnement des incidents de paiement et la mise en place d’un relevé annuel des frais bancaires qui permet à tout client de savoir combien lui coûte sa banque. Il n’en demeure pas moins que la route est encore longue pour les banques françaises deviennent des modèles : en septembre dernier, la Commission européenne sur les services financiers avait épinglé la France pour le coût élevé et l’opacité de ses tarifs bancaires.
Les conclusions du rapport de Georges Pauget et Emmanuel Constans devraient être remises à la ministre de l’Economie au mois de juin. Elles devraient comporter une série de recommandations. Le Cerf espère une modification rapide du paysage bancaire et réclament notamment dans sa pétition que l’on remette de la concurrence entre les banques car seule une mesure aussi radicale permettrait de faire baisser mécaniquement les tarifs…
Travail de sape des banques : mobilisons-nous !
24 février, 2010 · Poster un commentaire
Une réunion de plus à Bercy pour rien ou presque. Les dirigeants des cinq principaux réseaux
bancaires étaient convoqués par Christine Lagarde pour faire un bilan des engagements de crédit
à l’économie en 2009. Une fois encore, les banquiers ont tenté de justifier le recul des encours de
crédit aux entreprises. Une fois encore, ces banques se disent prêtes à augmenter les crédits
moyen et long terme quand elles savent pertinemment que les besoins portent principalement sur
les crédits de trésorerie… Une fois encore, les banquiers n’ont pas fait de propositions pour
augmenter les encours des crédits court terme. Cela fait maintenant un an et demi que les
banques gagnent du temps et font de promesses qu’elles ne tiendront pas pour éviter des
mesures contraignantes.
En attendant, les conseilleurs clientèle continuent de supprimer les autorisations de découvert et à
retirer les moyens de paiement des TPE. En attendant, ce sont des milliers d’entreprises viables
qui disparaissent faute de liquidités pour financer l’activité. En attendant, c’est en moyenne quatre
chômeurs supplémentaires par entreprise en faillite. En attendant, c’est une chute des rentrées
fiscales et sociales et un creusement des déficits publics. Et au bout du compte, c’est la note de la
France qui risque d’être dégradée : le gouvernement serait alors sous une double pression – celle
des marchés et celles de Bruxelles – qui aura des conséquences directes et immédiates sur le
porte-monnaie de tous les Français.
Maintenant, ça suffit. Il faut signifier aux dirigeants des banques que nous exigeons des actes
rapides pour financer l’activité et pour ne plus ponctionner le pouvoir d’achat des entreprises et
des ménages par des frais bancaires abusifs. Comment faire ? Seule une mobilisation
citoyenne permettra de faire plier les banques. C’est pourquoi le Cerf a mis en
place une pétition pour un droit au crédit opposable et contre les abus bancaires. Il suffit que
chaque personne qui signe la pétition la relaie à sa famille, ses amis et à ses collègues
pour faire d’un succès d’estime, un succès populaire. Il faut faire monter la pression avant
la réunion des banquiers à l’Elysée prévue au mois de mars. Agissons maintenant !
