Le CIC accusé d’avoir acculé une entreprise à la faillite
août 23rd, 2010 | By admin | Category: Actualités
“Boutique fermée + enfants affamés : merci CIC” ; “BSD, tueur de société”. Les slogans des salariés de l’entreprise de transport STCD pointent tous du doigt le CIC de Douai (ex-BSD) et ont manifesté bruyamment devant la banque vendredi. Ils accusent le CIC d’être à l’origine de la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise et soutiennent son patron, Thierry Warin : l’agence de Douai lui avait donné deux jours pour combler le découvert de 60 000 euros. Impossible de trouver une telle somme en si peu de temps. La banque a donc bloqué le compte de l’entreprise : un délégué du personnel raconte qu’un des chauffeurs s’est retrouvé coincé à Marseille car il ne pouvait pas payer l’essence avec la carte bancaire de l’entreprise. Les 54 employés du site d’Escaudain ne reçoivent plus de salaire depuis fin juin : des familles qui avaient déposé leur chèque après le blocage du compte, se retrouvent sans argent sur leur lieu de villégiature. Les délégués du personnel ainsi que Jean-Charles Wéry, adjoint au maire d’Escaudain, et Ludovic Zientek, directeur de cabinet du député de Denain, Patrick Roy ont été reçus au CIC sans résultat : la banque se retranche derrière le secret bancaire.
Hélas, les déboires de STCD illustrent ce qui s’est passé depuis le début de la crise financière dans des milliers d’entreprises qui ne couvrent pas leurs besoins de trésorerie : le jour où leur banque a décidé de couper le robinet à liquidités, l’entreprise a mis la clé sous la porte après avoir payé pendant des années à leur banque des taux d’intérêt prohibitifs sur les découverts. Le patron raconte l’équation d’un problème insoluble si la banque n’est pas un partenaire financier du chef d’entreprise : “Dans ce secteur, nous payons l’essence cash, à la pompe, et nos clients nous règlent trente jours après la réception. C’était impossible d’avoir un découvert bancaire. C’est intenable.” Le jugement du tribunal de commerce laisse quinze jours pour trouver un repreneur en plein mois d’août… Autant dire, la mort pour une entreprise qui a déjà dû affronter coup sur coup l’explosion du prix du gazole et la crise financière. Un mauvais coup de trop pour une entreprise qui a également dû supporter 230 000 euros d’agios ces derniers mois… Dans cette affaire, un seul gagnant : la banque a ramassé beaucoup d”argent sans travailler et créer de richesses.
